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ICAN Human HepCell – Informations patients

 

Grâce au partenariat entre l’AP-HP, l’INSERM, SU et l’IHU-ICAN, la plateforme ICAN Human HepCell associe l’innovation technologique et le maintien d’une collection d’échantillons et produits du corps humain, autorisée sous la référence CODECOH déposée sous la responsabilité de l’AP-HP »

 

Les maladies chroniques du foie constituent aujourd’hui un véritable enjeu de santé publique et sont la cause majeure de décès dans le monde. Les maladies du foie ont beaucoup évolué ces dernières années. Certaines sont liées à l’alcool ou aux hépatites virales reculent contrairement à d’autres comme le syndrome métabolique exposant au risque de stéatopathie non alcoolique, appelée aussi « maladie du foie gras ou du soda » qui connait une progression spectaculaire et qui évolue dans le temps de manière silencieuse vers la cirrhose et le cancer.

Les maladies chroniques du foie sont dues à une inflammation hépatique responsable d’un processus de fibrose du foie. La fibrose hépatique est la réponse tissulaire à diverses agressions chroniques du foie, principalement d’origine virale, parasitaire, alcoolique ou métabolique (NASH). Lorsque le foie est gravement endommagé, il perd sa capacité à s’auto-réparer, et cette perte de fonction met la vie du patient en danger. Actuellement le seule traitement possible et efficace est la transplantation du foie

Le nombre de transplantation hépatique (TH) annuel n’a cessé d’augmenter depuis les progrès réalisés en thérapie immunosuppressive qui ont amélioré les résultats et un élargissement des indications. Cependant, le succès de ce traitement suppose de surmonter le déséquilibre entre la demande de TH et la disponibilité de donneurs d’organes. C’est pourquoi les critères de sélection des donneurs décédés se sont élargis, permettant ainsi l’utilisation de greffons dits « marginaux » comme c’est le cas de greffons stéatosiques. La stéatose est une des causes pouvant affecter la fonction du greffon mais elle est fréquemment observée chez les donneurs d’organes.

Les maladies hépatiques stéatosiques non alcooliques (NAFLD ou maladie du foie gras) représentent un ensemble de désordres hépatiques allant de la simple accumulation de lipides dans le foie, connue sous le nom de stéatose, à une inflammation en présence ou non de fibrose dite stéatohépatite non alcoolique (nommée NASH pour Non Alcoholic Steato-Hepatitis), pouvant évoluer vers la cirrhose et le carcinome hépatocellulaire. Récemment, de nombreux traitements à l’étude ont donné des résultats modestes mais encourageants.

Notre plateforme Human HepCell au sein d’ICAN est spécialisée dans la recherche préclinique pour le développement de modèles cellulaires et tissulaires humains en culture primaire dans l’objectif d’étudier les mécanismes moléculaires des maladies chroniques du foie (stéatose, NASH, fibrose, cirrhose…) et de tester l’efficacité des molécules thérapeutiques proposées par les industries pharmaceutiques avant de les tester en clinique. Ces modèles précliniques sont préparés à partir des prélèvements de foies obtenus lors d’hépatectomies réalisées au bloc opératoire hospitalier à des fins médicales. L’obtention de ces échantillons de foies humains est indispensable pour continuer ces travaux de recherche. Il faut noter que seule la partie des prélèvements dont l’analyse est inutile au soin clinique est adressée au laboratoire de recherche, après accord du patient.

 

Récemment, grâce aux prélèvements hépatiques des patients, nous avons pu publier deux études dans des journaux scientifiques de renommée internationale :

  • Aoudjehane L, Gautheron J, Le Goff W, et al. Novel defatting strategies reduce lipid accumulation in primary human culture models of liver steatosis. Dis Model Mech. 2020;13(4). https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/32094147/

 Résume : La transplantation hépatique (TH) est aujourd’hui le traitement reconnu des maladies hépatiques chroniques au stade terminal. Il existe actuellement une pénurie de d’organes et des greffons « marginaux », en particulier stéatosiques (foie gras), sont de plus en plus utilisés pour tenter de limiter cette pénurie. La stéatose représente la principale cause de refus des greffons hépatiques par les équipes de TH car ils sont responsables de dysfonction hépatique après transplantation.

L’utilisation des greffons stéatosiques pourrait réduire en partie la pénurie de greffon qui touche actuellement les patients en attente de TH. Notre stratégie est de traiter ces « candidats » greffons avant implantation à l’aide d’une perfusion normo-thermique (température physiologique 37°C) qui permettrait d’améliorer la tolérance à l’ischémie et d’extraire les vacuoles lipidiques des hépatocytes. Notre méthode de « dégraissage », consiste à agir directement sur l’accumulation excessive de lipides. Dans cette étude, nous avons imaginé un cocktail de « dégraissage » permettant de faire sortir les lipides stockés dans les hépatocytes stéatosiques. Pour cela, nous avons constitué un cocktail composé de molécules visant à activer chaque étape du métabolisme des lipides intra-hépatocytaires jusqu’à leur sortie de la cellule.

Majdi A*, Aoudjehane L*, Ratziu V,  et al. Inhibition of receptor-interacting protein kinase 1 improves experimental non-alcoholic fatty liver disease. Journal of Hepatology 2019. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/31760070/

Résumé : La stéatose hépatique correspond à l’accumulation de graisses dans le foie. La stéatose est très fréquente (25% de la population française en est atteinte) et est très souvent associée à un surpoids et à un diabète de type 2. Souvent asymptomatique et sans conséquence, l’accumulation de graisses est responsable dans 30% des cas de lésions inflammatoires du foie (stéatohépatite non alcoolique ou NASH en anglais) pouvant aboutir à une cirrhose non-alcoolique et au cancer du foie.

L’inflammation et la mort des cellules du foie dans la NASH est initialement compensée par les capacités de régénération du foie. Dans le cadre d’une agression chronique du foie, comme observé dans la NASH, ces capacités de cicatrisation sont néanmoins délétères et participent à une destruction du foie (fibrose). L’un des objectifs actuels de la recherche est d’identifier les mécanismes à l’origine de l’inflammation et de la mort cellulaire dans la NASH afin de proposer des traitements efficaces.

Récemment, notre équipe a démontré grâce à des travaux réalisés chez la souris et sur des cellules de foie humain, que le blocage de la mort cellulaire dans la NASH permettait (1) de diminuer l’inflammation et la cicatrisation anormales du foie et (2) de limiter l’accumulation des graisses dans le foie.

 

Merci à tous les patients qui ont accepté de participer à la collection Human HepCell.

La recherche sur les maladies chronique du foie avance grâce à vous.

 

Si vous avez fait un don pour la collection Human HepCell et que vous souhaitez vous opposer à l’une ou plusieurs recherche, vous pouvez contacter le chirurgien qui vous a opéré, ou le signaler à protection.donnees.dsi@aphp.fr