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Un projet de chaussure de décharge connectée mené par des étudiants de Polytech Sorbonne

 

Les plaies chroniques du pied et l’amputation sont des complications graves du diabète, et provoquent des épisodes aigus dans la vie des patients. En 2012, le pied diabétique a touché environ 350 000 personnes en France, 15 % des diabétiques, et a entraîné 28 000 hospitalisations, ce qui représente 3 milliards d’euros de dépenses annuelles attribuables au diabète.

Le traitement classique d’une plaie du pied diabétique est le port d’une chaussure dite « de décharge » permettant aux patients de marcher sans appuyer sur leur plaie. Malheureusement, cette chaussure est contraignante et parfois mal utilisée par les malades qui ne ressentent pas de douleurs en raison de la neuropathie des membres inférieurs qui se développe secondairement à leur diabète.

L’IHU-ICAN et ses partenaires ont mis en œuvre plusieurs projets autour du pied diabétique pour améliorer l’observance de ce traitement par les patients.

Le Dr Georges Ha Van et 5 étudiants de l’école d’ingénieur Polytech Sorbonne ont pour objectif de « rendre intelligente » une paire de chaussures de décharge, grâce à l’installation de capteurs qui alertent le patient en cas d’appui involontaire.

Découvrez ci-dessous le retour d’expérience des 5 étudiants de Polytech Sorbonne qui ont mené ce projet :

Qui sommes-nous ?

Nous sommes 5 élèves en 4ème année à l’école d’ingénieurs Polytech Sorbonne. Notre équipe est composée de Lorette DAUSSY, d’Amélie KIRADY, de Daran NEZET, de Lola PANNET et d’Alexia TRAN.

Dans le cadre de notre 2ème année de cycle « ingénieur en Électronique Informatique Parcours Systèmes Embarqués », nous devions mener à bien un projet industriel afin d’appliquer de manière concrète les notions vues lors de notre formation. Parmi les différents projets proposés, nous avons choisi celui de l’IHU-ICAN qui nous a séduit par son intérêt direct pour les patients.

Pourquoi avons-nous choisi ce sujet parmi tous les autres ?

Ce projet nous semblait particulièrement intéressant puisqu’il concernait le domaine médical, d’autant plus que la problématique touchait à l’histoire personnelle de certains membres de l’équipe. En effet, le diabète touche un grand nombre de personnes et une complication telle que la neuropathie périphérique (perte de sensation au niveau des extrémités) peut mener à une amputation et ainsi diminuer considérablement la qualité de vie des personnes atteintes de diabète.

Notre objectif était donc de concevoir un prototype facile d’utilisation permettant au patient d’être alerté lorsque sa marche le mettait en danger et ainsi éviter la dégradation de l’état de santé du malade. L’aspect technique du projet était un challenge intéressant pour des futurs ingénieurs comme nous, et les perspectives de développement, qui vont bien au-delà d’un simple projet scolaire, nous ont motivés.

Quelles ont été les grandes étapes de ce projet ?

Dans un premier temps, nous avons repris en main le projet qui a été initié il y a 2 ans par des camarades, mais qui n’a pas pu être achevé. Après cet état des lieux , nous avons eu une phase de recherche bibliographique et de “brainstorming” sur les solutions déjà existantes et les nouvelles possibilités d’amélioration de cette chaussure connectée, grâce aux avancées technologiques. Nous avons donc choisi la solution qui nous semblait la plus adaptée au projet : l’installation de capteurs de pression qui rendent la chaussure « intelligente » en vérifiant en permanence son observance, garante de la

cicatrisation des plaies plantaires. Puis, nous avons débuté la mise en œuvre :  l’aspect électronique (Hardware) et l’aspect logiciel (Software) du prototype.

Une fois ces dispositifs créés et prêts à être implémentés, nous avons imprimé les cartes électroniques et procédé au soudage des composants dans le but d’aboutir à un prototype.

Pour terminer, nous avons réalisé des tests et apporté des améliorations afin d’avoir un produit le plus performant possible.

L’IHU-ICAN nous a proposé de continuer ce projet dans le cadre d’un stage de 8 semaines, où nous avons pu continuer d’améliorer le prototype en réduisant sa consommation, en améliorant la recharge sans fil et en ajoutant des fonctionnalités comme la création d’un port SD pour le suivi du clinicien, la consultation avec un site web et la détection du port de la chaussure et/ou du bracelet. Ce stage nous a également permis de réfléchir à certains aspects de l’industrialisation de cette chaussure de décharge intelligente.

Nous nous sommes répartis le travail en fonction des affinités et des compétences de chacun. Avec plus de 390 heures de travail pour mener à bien ce projet, l’entraide était un aspect important de réussite, chaque membre a pu en aider un autre, ce qui nous a permis de voir chaque aspect du projet.

Les prochaines étapes du projet : sont le test de notre prototype en conditions réelles d’utilisation et ensuite son industrialisation et sa commercialisation.

Qu’est ce que cette expérience nous a apporté ?

Cette expérience était enrichissante car nous avons pu interagir avec beaucoup d’acteurs différents pour la réussite de ce projet : cliniciens, chargées d’opérations scientifiques, juristes, industriels. Cette expérience nous a également permis de découvrir l’aspect juridique qui se cache derrière chaque projet, avec notamment la signature d’un accord de confidentialité, les notions de propriété intellectuelle, de données personnelles et de brevet. Cela nous a totalement immergé dans la réalité du métier d’ingénieur et comment notre métier peut être très lié à des problématiques de santé.

Nous tenons à remercier l’équipe pédagogique de Polytech Sorbonne (Roselyne CHOTIN, Tarik LARJA, Sylvain VIATEUR), l’équipe de l’ICAN (Mathilde CHAUMEIL, Aurélie FOUCHER) et les cliniciens (Georges HA VAN, Antoine PERRIER) qui nous ont soutenu tout au long de cette aventure.

Ce projet est soutenu par le mécénat d’Entrepreneurs&Go.